Chers lecteurs, pour le mois juin, Misty Fay nous revient avec une histoire torride à faire rêver... Vous pouvez également consulter les chroniques des mois passés en cliquant ici. Bonne lecture!

Cybelle


Coloc gonflé à bloc

Une soirée des plus banales, Stephen m’invita chez lui pour une petite soirée ciné. Son colocataire étant parti en voyage depuis deux semaines, il commençait à s’ennuyer, seul, dans son appartement. Je ne me suis pas fait prier pour accepter l’invitation. De mon côté, la semaine avait été pénible. Cela avait commencé par une querelle avec mon patron et fut suivi par une coûteuse contravention. Le tout, bien sûr, arrosé d’un examen à l’université. J’avais besoin de me changer les idées, besoin d’un peu de compagnie. Je n’ai jamais vraiment été attirée par Stephen, il s’agit plus d’un copain d’enfance. Il est vrai qu’il a une belle apparence mais en ce temps, il avait ce style ado qui ne me convainquait pas trop. Je me suis toujours demandé qu’est-ce qui m’avait poussé à lui ce soir là. Je souriais à la pensée que la sensualité de Keanu Reeves dans le film Doux novembre avait attisé ce besoin charnel. Hélas ! Bien que très chaude, la baise avait été de courte durée et n’avait pas réussi à diminuer mes tensions. Stephen s’excusant milles fois, me rappelant que son célibat durait depuis quelques mois.

Alors que nous remettions un peu d’ordre dans les couvertures du divan-lit, le téléphone sonna. Par les expressions de mon hôte, je compris qu’il se passait quelque chose. Il avait complètement oublié la promesse qu’il avait faite à sa mère. Tout en s’habillant, il m’annonça qu’il devait quitter pour une heure, le temps de lui installer son cinéma maison. Avant de refermer la porte de l’appartement, il m’assura qu’il reviendrait à temps pour le deuxième film.

Seule, j’étais couchée devant un film qui n’avait jamais cessé de tourner. Je me sentais lasse. Rien ne semblait vouloir se passer comme je le voulais. Je commençais à avoir envie de retrouver mon appartement et noyer mon amertume dans mes rêves. J’étais maussade. Mais qu’est-ce que j’étais venue faire ici ? Sur ce questionnement, la porte s’ouvrit. Mes yeux demeurèrent fixés sur l’image de la télévision. Je me contentai d’interroger Stephen sur la réussite de sa mission. Bizarrement, je n’obtins aucune réponse. Inquiète, je me tournai vers la porte d’entrée. Mes membres se figèrent. Je ne savais que faire, crier ou me sauver. Un géant se trouvait devant la porte. Son regard était d’un noir si mystérieux qu’il acheva de m’inquiéter. Était-ce le coloc ? Il devait se trouver à Vancouver ! La valise qu’il posa sur le plancher m’indiqua que son voyage avait été écourté.

Un large sourire ornait son visage. Il me fallut un certain moment pour en comprendre la raison. J’étais à ce point surprise de son apparition que j’en avais oublié ma nudité. Je ramenai prestement le drap sur moi sentant la chaleur me cuire le visage. Il s’avança tout près de moi malgré l’air choqué que j’adoptai afin de l’en dissuader. Ses mains vinrent s’appuyer chaque côté de mon corps. Je me sentais prise au piège. Son visage était si près du mien que je pouvais sentir son haleine chaude. Il plongea son regard au plus profond de mon être. Je ne bougeai point, retenant ma respiration. Ses yeux était vert pailletés de pépites dorées. Sa peau cuivrée dégageait une odeur boisée. J’étais à la fois apeurée et sous le charme.

Après quelques secondes, il se redressa, tourna les talons puis, reprenant sa valise au passage, il l’amena jusqu’à sa chambre. Je demeurai béate. Mon cœur se mit à battre la chamade. Je ne comprenais pas. J’avais l’impression qu’on venait de me rouler. Soudain, je me sentais honteuse d’avoir été aussi facilement hypnotisée et de m’être fait aussi rapidement rejeter. J’étais fâchée de ce mauvais tour que l’on venait de me jouer. Mais au fond de moi, je du avouer que j’éprouvais du regret. Regret de ne pas avoir été au centre d’un fantasme qui s’était rapidement créé en moi.

Je l’entendis passer dans le couloir. Puis, la douche se mit à couler. L’idée me vint d’aller le rejoindre. Je m’y refusai cependant. J’avais ma fierté tout de même ! Quoi que… Lorsque je le vis ressortir, une simple serviette enroulée autour de la taille, je fondis.

Il était dans sa chambre, la porte ouverte. La curiosité me poussa, malgré ma conscience qui m’en interdisait, à aller flairer aux alentours. La tête penchée dans l’embrasure de la porte, j’examinai son dos aux formes irrégulières. J’étais dans ma contemplation lorsqu’il m’interpella :

«Ce n’est pas poli d’espionner les autres ma belle !».

 

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