Chers lecteurs, pour le mois mai, Misty Fay nous revient avec une histoire qui donne le goût de voyager... Vous pouvez également consulter les chroniques des mois passés en cliquant ici. Bonne lecture!

Cybelle


Glory Holes

Je pousse une lourde porte recouverte de cuir. Une pièce circulaire se dessine devant moi. J’y entre. L’humidité me surprend. Une chaleur se dégage des murs insonorisés. Le silence est pesant, je fais attention pour ne pas le briser. Je m’imprègne de l’atmosphère. De l’autre côté de la pièce, une autre porte est fermée. C’est par là qu’ils vont entrer, je suppose. Il fait sombre, les globes sont tamisés. Une faible lumière orangée colore les murs. La pièce est vide à l’exception d’une boîte de bois carrée de la grandeur d’un homme. Elle est là, plantée au milieu de la pièce. Cette cabine est munie d’une porte assez grande pour y entrer.

Une odeur que je connais bien flotte dans l’air, celle du plaisir charnel. On peut quasi entendre le bruit des jouissances passées.

J’entre dans la cabine. Je suis à l’étroit, l’espace est faite pour une seule personne. Je referme la porte et je mets le crochet. La lumière entre faiblement par les multiples trous qui sont percés dans les parois, à différentes hauteurs. Je me sens comme un animal en cage.

Mes poils sont hérissés. Instinctivement, j’enlève mes vêtements. Je suis incapable de sentir le moindre morceau de tissus frôler ma peau. Je dénude complètement mon corps. Toujours le même silence. Je m’assis sur le petit banc fixé à une paroi. Et j’attends.

Je suis venue en voyage à Amsterdam avec quelques amis, pour la plupart initiés au rythme de cette ville. Mais, cette après-midi, j’ai décidé de prendre un peu de temps pour moi et laisser seul mon groupe. Avant de venir dans ce pays, j’avais entendu parler des Glory Holes de Amsterdam. Vous entrez dans un sexe-shop, vous laissez corps et esprit s’abandonner. Vous entrez incognito dans une cabine et vous vous laissez aller. Je suis donc partie pour la grande aventure.

La porte située à l’arrière de la cabine s’ouvre. Des voix s’élèvent en murmure, elles entourent la cabine. J’entends une voix grave et une autre plus aigue. Je peux distinguer un homme avec un fort accent british, deux autres personnes qui discutent dans une langue des plus sensuelles. Je ne peux savoir combien de personnes sont entrées dans la pièce. Par les trous, je ne peux distinguer que quelques ombres. Je me lève.

Mon cœur bat à tout rompre, le savent-ils ? Savent-ils comment je suis effrayée et si excitée à la fois ? Ces inconnus sont si proches. Seules les parois minces les séparent de ma nudité. Ma première expérience d’amour à l’aveuglette me terrifie un peu.

Tout va vite, les premières mains apparaissent à l’entrée des trous. Elles me tâtent pour découvrir la bête qui se trouve dans la cage.

Une main lisse et délicate appartenant probablement à une jeune femme traverse un trou situé près de ma poitrine. La main blanche empreinte de délicatesse s’empare d’un sein sans pudeur. Son auriculaire gauche est richement bagué de trois diamants surdimensionnés. Je ne la vois pas. Je ne sais pas qui elle est mais je l’imagine bien mise, la fille à papa qui vient satisfaire son côté de petite dévergondée. Je suis sure qu’elle vient de loin afin que personne ne découvre son petit secret. Peut-être était-ce elle que j’ai entendu plus tôt parler dans cette langue si poétique.

 

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